La Rochelle (France) – La Corogne (Espagne)
Jour 1, le 29/08/2014, vers minuit
Et nous appareillâmes de la Rochelle le 28/03/2014 vers 16h00
Quelque part, en mer, enfin !
Ah non c’est un peu court jeune homme on pouvait dire tant de choses en somme …
Plus précis, plus concis mon Gilou, noudoudiou
Reprenons …
A exactement
Quarante-quatre degrés, quarante-quatre minutes, et cinquante-sept seconde de latitude Nord ; et ; Cinq degrés quarante-deux minutes et vingt-deux secondes de longitude (euh) Ouest
Souvent, remarqué-je, la précision est mère de confusion. Jeux d’écriture de mes con-fusions sortira t-il un nouveau récit ? « Je » d’écriture, de nouveau, mais bon, passons, vous remerciant bon lecteur patient passant..
Et reprenons,
Quelque part, en plein cœur du golfe de Gascogne, Enfin !
Ah oui c’est bon comme ça, ça claque, c’est simple, précis, quoi que, pourquoi n’ai-je commencé ainsi ??? Comment ça vous ne savez pas où ça se trouve le Golfe de Gascogne ? Ah putain écrire … Et puis lire …Bon, pour nous situer, je vous laisse à vos recherches personnelle, prenez vos cartes papiers, votre compas à pointe sèches, votre règle Cras et retrouvez nous exactement à travers l’océan atlantique … Vous pouvez également prendre votre smart phone ultra sophistiqué, fonction GPS, voire avec google ça se trouve il vous visualisera ça … Juste vous dire que nous ici on n’a carrément pas « La » connexion …
Et reprenons,
Quelque part, en mer, au cœur du golfe de Gascogne, Enfin, à bord d’un voilier, un Ketch, de 43 pieds nommé Vénus …
C.à.d : Un Ketch = Voilier à deux mats dont le plus petit se situe à l’arrière - 43 pied = 13 mètres de long, le voilier …
Donc qu’est-ce que je voulais dire ? Premiers jours de mer :ré-amarini-sation Les idées se brouillent et s’embrouillent. Ecrire en mer, tout bascule, pétole et houle courte, le bateau tangue, mon âme avec … Je suis de quart de pont de nuit, et là de suite j’ai un peu le mal de mer … Alors niveau cohérence faut pas trop compter sur moi … Non ce n’est pas le mal de mer, juste la nausée … Avec toute cette fumée qui m’entoure … (Tantantan suspense de la fumée dans un bateau au milieu de l’eau ???) J’y reviendrais …
Mais reprenons,
Quelque part, en mer, au cœur du golfe de Gascogne, à bord d’un voilier en acier, un Ketch Trirème de 43 pieds nommé Vénus, je suis de quart, sur une mer d’huile, pétole, on a mis le moteur, un Bolinder, un vieux moteur de tracteur de 28 chevaux vapeurs, qu’on à marinisé avec une pompe à eau de mer et un inverseur, depuis des heures qu’il tourne ce foutu moteur, qu’il vibre, qu’il tonitrue le bougre, fixé à même la coque sans silent-block il fait tout vibrer là-dedans, et puis il pue le chaud huileux le gasoil cramé, d’où la vapeur, d’où la nausée …
Trop longue cette phrase, trop longue …
Reprend la plume pépin la lune …
Bon bref,
159 Miles nautiques en 24h00, soit 6.5 Nœuds de moyenne horaire
C.à.d : 256 kilomètres en 24 heure, soit presque 12 kilomètres par heure
Hu-hu, pas mal pour une vieille boite de conserve surchargée …
A destination de Haïti (Ben Noudoudiou on n’est pas arrivé à ce rythme), dans la Baie de Lacul zone de Petit Goave dans le grand archipel des Canaries, de l’autre côté de l’océan Atlantique, donc … Nous avons pour projet d’y déposer une (petite) tonne de « fret » pour les enfants d’Haïti. Ce blog aura pour objectif d’expliquer pourquoi et comment on va faire çà …
Burps mais pas ce soir, parce que c’est fin de quart et je crève d’aller me coucher …
Alors Tcho …
Jour 2 : Le 29/08/2014, vers minuit
43°56’’21’ N – 07°56’’39’ W (Eh ben oui il faudra bien vous y habituer…)
Ben là, ben là, ben là !!!
C’était carrément pas prévu par ces foutus météorologues qu’on a consulté avant de partir (non vous n’avez pas entendu « astrologue » mais bien météorologie, cette science que l’on suppose exacte de nos jours en 2014)
Mais là, mais là, mais là !!
S’cusez une vaguelette de trois mètres de haut vient de passer …
Là, on est en plein dedans … C’est fort, ça vous remplis bien les bronches ! Ça vous adrénalise le corp à la moindre manœuvre. Ca ? C’est 25 à 30 nœuds de vent, rafales à 35 … (je le jurerais ! mais on n’en sait trop rien vu qu’on n’a pas d’anémomètre à bord). Du West / Sud West par-dessus le marché, juste là où on va, comme part hasard… Pas l’idéal quand tu veux traverser le golfe. Pré serré, ça cogne ... Violence …
Et cette foutue éolienne hurlant à tous vent …
Ça ne fait que (je compte sur mes doigts) 55 heures que nous avons quitté la Rochelle.
Un monde en soit, en soi, en soie - de temps, même à trois …
Soudain, cassant la routine déjà admise, il a fallu courir sur le pont : à affaler l’artimon, à réduire le de ¾ le génois (qu’est-ce que c’est cool un enrouleur de génois), à prendre un, puis (déjà ?) deux ris dans la grand-voile. Nous parvenons ainsi, poussivement, à maintenir un cap plein Ouest, avec le moteur (encore lui) à l’appui …
Au prés serré donc, parallèlement à la cote d’Espagne déjà, une trentaine de miles du port de la Corogne.
Parce que oui nous avions prévu, prudemment, que notre premier atterrissage serait la Corogne. Prudemment parce que ce n’est pas la bonne pour « dégolfer », parce que les prévisions météo à cette période sont instables et peu fiables en cette saison. Les fameuses giboulées de Mars ...
La preuve par dix, nous avons à bord deux fichier de prévision météo sur une semaine, une en papier, l’autre très précise en informatique. Elles proviennent de deux sources différentes. Le coup de vent que nous prenons dans le nez là ici ce soir, n’était pas prévu il y a moins de deux jours et demi … Foutu météorologues …
Bon sinon franchement on a assuré à la manœuvre. Pas de casse pas de bobos. Chapeau bas à notre Skipper (et néanmoins super copain) Dominique (et préparateur, c’est lui qui a revu, notamment, tout le plan de gréement). On a vraiment été surpris par ce grain et ça a tourné rond sur le pont. Toutes les voiles sont intègres, un peu impressionnant, nous connaissons encore mal notre chère Vénus, malgré cette violence soudaine … Chapeau bas mon pote …
Et cette fumeuse éolienne de couiner hystériquement …
Je suis de nouveau de quart, de nuit, sans lune … Moteur à l’appui (Grrrr). Le vent se calme, un peu, plus que force 4 rafales à 5.
En fait, quand ça souffle à ce point, je trouve ça exaspérant, une éolienne … Ça saoule vraiment, une éolienne … C’est comment dire très présent, très pinçant, odieusement sifflant et tellement … tout le temps ! Là on ne peut pas l’arrêter, elle tourne en folie, incontrôlable, pas de frein bloquant, pas question d’y mettre un doigt ou rien d’autre de peur de casser les pales … Alors elle est libre de siffler tant quelle veux … Je trouve que ça affole les sens dans l’urgence de la manœuvre, et puis ça accentue le sentiment de force du vent, tu perds tous tes repères auditifs. Et là, dans la nuit noire, en plein quart, elle m’empêche de bien comprendre, de bien « sentir » les mouvements, les craquements du bateau… Bref, j’aime pas les éoliennes …
01H00 du matin, fin de quart, petit biscuit à l’orange et dodo. J’installe la barre anti-roulis de ma couchette/bannette/banquette. Je me glisse adroitement (putain ça bouge pas mal, Gascogne, au prés serré) et néanmoins douillettement sous ma couette tant désirée.
Quand soudain
Une énorme goutte d’eau glacée, salée s’écrase sur mon front. Brr … Puis sur mon bras, je me tourne, dans le dos, je hurle, couette bientôt imbibée, je m’endors … Ce sont les joints du hublot de pont au-dessus de ma bannette qui laissent passer l’eau … Tiens, ça me rappelle quelque chose …
Ah les joies de la plaisance …
Jour 4 : Le 01/04/2014, vers 19h00
43°22’’10’ N – 08°23’’21’ W
Bon billet très très court, peu de temps à vous accorder, on va faire court.
C’est le jour 4 donc vous avez remarqué, nous sommes amarrés au port de plaisance marina coruna à la Corogne donc, comme prévu …
Le jour 3, niveau Nav’ ça a été vraiment … A contre …
Par rapport au dernier point de la veille au soir à 21h00 on à réellement avancé que de 60 miles sur notre Cap. On a tiré de grands bords presque plats toute la journée. Nous sommes arrivés vers 18h00. Les formalités, une bonne douche, cassoulet à bord et tous au schloff. On n’est même pas allé boire un coup en ville crevés …
Ce matin, petits travaux à bord (dépose et normalement repose du hublot de pont avant tribord, étanchéité du coffre arrière, recherche de la panne qui nous empêchait de charger nos ordinateurs à bord (donc pas de BLU, pas de météo …), jointage au silicone de quelques fuites de pont, stabilisation des portes et placards qui en nav’ ne cessaient de claquer … Bref …
Pour des raisons de météo nous avons décidé (normalement) de décoller demain midi pour Vigo au Portugal (pour finir de dégolfer, passer de l’autre côté du Cap Finistere). Puis de rester planqués, un jour, tranquilles, à Vigo pour laisser passer une mauvaise en (hum) prévision météo (35 nœuds tout de même). Puis d’enchainer sur les canaries. Peut-être avec une petit passage avant vers le Maroc mais ça, on vous expliquera …
Moi je me grouille de filer au poste avec internet pour vous glisser ses quelques nouvelles mes doux agneaux, nos bons amis, nos charmants donateurs …Enfin si vous nous lisez …
Si vous lisez ce blog faite nous un petit signe en commentaire, ça fait toujours plaisir …
Et parce que déjà j’en ai marre d’écrire …
La bise à tous …
Et Ivane, un peu ému, pour son premier atterrissage international avec son nouveau (et premier) voilier.
Viva Corunã !!!
La tour Hercule qui se cache derriere un bout


Ca fait du bien de te relire, euh de re te lire.
RépondreSupprimerBest,
nico
Bonjour, on rentre du boulot et super surprise : de vos news, j'espère que la météo va allé dans le bon sens pour vous, et que la prochaine étape vers le Portugal sera moins mouvementée.
RépondreSupprimerBon vent à bientôt Wilson
ps Miss Mélanie a-t-elle supporté le gros temps